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Le Printemps du dessin
Vernissage  
22 Mai à 18h
Exposition du 
23.05 au 21.06


 
 


 

Marion Bataillard
Marion Bataillard
De chair, de force et de relief

 

 

Il n’y a pas de lumière sans ombre

Carl Gustav Jung

 

 

Le titre de l’exposition de Marion Bataillard annonce une trinité, une triangulation qui illumine la toile comme un faisceau de lumière auquel les corps résistent encore, tapis dans l’ombre. De cet équilibre géométrique s’élève une énergie vitale, presque cosmique, comme une ligne immatérielle et structurante qui soudain se rend visible au spectateur. Cette “colonne verticale”, comme une colonne vertébrale, devient l'axe central autour duquel tourne la composition et en soutient le corps. Il s’installe alors comme un rapport anatomique avec la peinture qui dessine des lignes de force dans la chair comme dans l’espace et accompagne le regard dans une lecture presque physiologique de l’image. S’aligner, se dérouler, grandir avec elle et suivre son mouvement ascendant devient un leitmotiv et une expérience quasi spirituelle : un véritable éveil.

 

La verticalité s’invite à l’intérieur, comme à l’extérieur… jusque dans le paysage qui ne relève ni de l’étendue ni du panorama, mais bien plutôt d’une tranche de vie et de cette ascension irrésistible entre la terre et le ciel. La ligne ne sépare pas l’espace ou l’horizon mais sert de guide pour le regard qui s’y enroule et croît comme une plante grimpante autour d’un tuteur. Les châssis à forme jouent ici un rôle déterminant, s’éloignant du rectangle classique pour embrasser une dimension architecturale héritée autant des artistes pré-renaissants que de certaines recherches de l'abstraction américaine… s'engouffrer dans la brèche comme Barnett Newman. Les grands formats tendent vers le monumental tandis que les petits formats prennent des airs de reliques sacrées : pieds tournés vers le ciel comme un gisant, fressure suspendue, cœur  en gloire… Les œuvres s'organisent autour de symboles et de motifs qui évoquent une forme de circonscription du corps et du sacré, à la manière des retables et des polyptyques des Primitifs italiens.

 

La technique de la tempera sur bois et le recours à des modèles vivants n’ont rien de passéiste car ils contribuent, au contraire, à rendre le temps perceptible à la surface de la peinture. Une aura se dépose et semble traverser la matière et le corps de l’intérieur vers l’extérieur. Le châssis devient lui-même un champ à habiter… un espace de vie, contraint par ses propres limites comme les bords d’un monde à découvrir aussi bien hors de Soi qu’en Soi. L’ombre et la lumière, l’intérieur et l’extérieur, le bien et le mal… les antagonismes appartiennent à la fois au quotidien de l’être et à ce qui le dépasse. Les figures s’inscrivent dans ce contexte tantôt ordinaire, tantôt extraordinaire, allant du lieu familier à l’abstraction la plus éclatante. La fenêtre sur cour, comme la fenêtre sur Soi, ouvre alors le regard sur des profondeurs insoupçonnées. Car le travail de Marion Bataillard s’inscrit aussi dans une exploration du visible et de ses zones d’ombre au sens jungien du terme. L’ombre y est à la fois une part cachée de la psyché et une contrepartie indispensable à la conscience… un miroir silencieux de ce qui ne se dit pas.

 

L’enracinement dans le réel demeure constant, mais il est retravaillé pour toucher à un vécu plus universel et presque spirituel de l’existence. C’est pourquoi la gestuelle, la mise en scène des corps et l’expression souvent exacerbée des visages interpellent jusqu'à conditionner la justesse de la peinture elle-même. Ensemble, elles forment en quelque sorte cette incarnation phénoménologique chère à Merleau-Ponty : « […] quand je dis que mon corps est voyant, il y a dans l’expérience que j’en ai, quelque chose qui fonde et annonce la vue qu’autrui en prend ou que le miroir en donne. […] C’est par le monde d’abord que je suis vu ou pensé ». Le spectateur peut alors s’y confronter et s’immiscer dans cette marge laissée entre le modèle et sa représentation, pour venir reconnaître ses propres affects et partir à la découverte d’un inconscient aussi bien personnel que collectif.

Anna Remuzon, critique d'art

APONIA
67, rue Saint Pierre
43150 Le Monastier sur Gazeille

06 20 49 36 90

Contact : aponia@wanadoo.fr
www.aponia.fr
 

Vendredi, samedi et dimanche de 15h à 18h (en Période d'exposition)
Sur RDV pour les groupes scolaires également les autres jours

L'église Saint Jean et le 67, rue Saint Pierre sont accessibles
aux personnes à mobilité réduite

Entrée libre et gratuite