Du 23.05_21.06.26
Commissaire / Alain Christian Barret
Vernissage le 22 Mai à partir de 18h
Le printemps du dessin est un événement annuel d’envergure nationale auquel participe Aponia… faisant ressurgir les formes et les couleurs pour nous accompagner jusqu’au solstice d’été. Des œuvres sur papier éclosent comme les pétales délicats et fragiles d’une fleur… où le geste se prépare et s’égare pour venir habiter l’espace qui s’ouvre là où l’histoire semblait jusqu’alors s’arrêter. Car célébrer le dessin contemporain, c’est aussi prendre part à cette temporalité, venir cueillir ensemble la beauté éphémère d’une saison, laisser une trace de notre passage… mais surtout explorer avec les artistes la possibilité d’un avenir. Le dessin devient alors le point de départ d’une quête personnelle et collective.
Les artistes ont souvent cherché à reconquérir le regard de l’enfant, non pas pour dessiner ou peindre comme tel, mais pour saisir un monde dégagé de nos préjugés… revenir au printemps de nos vies. Le dessin libre nous invite à assumer cette divagation aussi riche qu’innocente de nos imaginations. À travers les œuvres de Claire Chalet, Quentin Spohn, Isabel Duperray, Clémentine Chalançon et Miguel Sancho, l’exposition témoigne de cette diversité et de cette grande générosité du dessin contemporain… comme autant de regards offerts à qui veut venir voir.
Chez Claire Chalet, tout est légèreté et la feuille blanche joue bien plus qu’un rôle de support. À la manière d’un échantillonnage botanique, elle prélève, préserve et sublime le minimalisme du dessin qui semble s’être posé avec grâce et poésie. Elle hybride les corps pour tisser des liens entre l’homme et la nature, tout en nourrissant habilement nos illusions d’optique. On y croise des lignes, des mots… qui déclenchent en nous, et malgré nous, la reconnaissance de visages et de corps familiers à la manière d’une paréidolie.
L’univers de Quentin Spohn est, quant-à-lui, un environnement immersif en noir et blanc. Il offre au dessin une dimension narrative et épique… un destin aussi minutieux que monumental. La pierre noire soutient un réalisme intense, presque sculptural, fait d’ombre et de lumière. C’est un flot d’informations qui foisonnent comme un cerveau en ébullition, réalisant la synthèse d’un monde doux-absurde qui tangue entre l’actuel et le virtuel, entre l’humain et l’artificiel… à moins que cela ne soit entre la vie et la mort.
Isabel Duperray brouille les pistes entre le fusain et l’acrylique, le réalisme et l’abstraction. Ses dessins s’affranchissent des clivages. Qu’il s’agisse de figures ou de paysages, ils n’obéissent pas à une définition fixe ou à une nomenclature pré-établie. Ils sont mouvants et convoquent aussi bien les mythes que les esprits maniéristes ou ceux de la nature. Subtilement, elle conjugue le passé au présent et invite le regard à la contemplation paisible pour guider le spectateur vers une sensation… celle de faire corps avec le mouvement.
Avec Clémentine Chalençon, on entre pleinement dans le domaine de l’impression. Là aussi, il n’y a plus de conflit entre le réalisme et l’abstraction. Il reste le sentiment d’une surface frappée par la lumière et de reflets qui dessinent une version inversée du monde. Regarder son œuvre c’est un peu se regarder soi-même dans un miroir ou se reconnaître dans d’autres formes de vies et de biologies : celles qui survivent et continuent de prospérer, même sur les surfaces érodées par le temps.
Enfin, les dessins de Sancho Miguel sont des espaces habités par des ombres, des créatures “humanimaginaires”, entre le rêve et le cauchemar. Cellulaires, organiques, animales, humaines, végétales, métastatiques… les tâches noires s’animent sur le papier pour devenir des hypothèses de vie. La forme de leur existence n’est pas figée mais semble, au contraire, en constante évolution. Le dessin libre devient alors une forme de promesse que l’avenir consiste en un horizon des possibles.
Texte Anna Remuzon
APONIA
67, rue Saint Pierre
43150 Le Monastier sur Gazeille
06 20 49 36 90
Contact : aponia@wanadoo.fr
www.aponia.fr
Vendredi, samedi et dimanche de 15h à 18h (en Période d'exposition)
Sur RDV pour les groupes scolaires également les autres jours
L'église Saint Jean et le 67, rue Saint Pierre sont accessibles
aux personnes à mobilité réduite
Entrée libre et gratuite